Coordination Nationale des Enseignants de Français d'Algérie

Synthèse de Haroun Zineb





L'intervention du Dr. Zineb Haroun

Intitulée « La médiation dans les pratiques enseignantes » a convoqué la notion de médiation entre les élèves et les enseignants comme moyen de construction de plusieurs savoirs, la notion d’étayage en tant que processus de cette médiation et qui se réalisent à partir de plusieurs fonctions (l’enrôlement, la réduction des degrés de liberté, le contrôle de la frustration, etc.) ainsi que la médiation didactique à travers le questionnement. Ces outils ont permis d’observer dans le cadre des pratiques prescrites du primaire (les instructions officielles) l’existence d’une double médiation : la médiation élèves-élèves et la médiation élèves-enseignants.

La première médiation privilégie l’enseignement collaboratif pour ses aspects sociaux et culturels. Celui-ci est perceptible à travers la lecture expressive en groupe qui peut enclencher des conflits cognitifs suite aux lectures des pairs et qui vont permettre aux autres d’apprendre.En plus de la médiation des élèves, intervient la médiation de l’enseignant afin de motiver et d’orienter les élèves et d’organiser leurs interventions lors des échanges autour de cette lecture.

Ainsi, l’organisation, l’orientation, le partenariat, le guidage et la médiation sont désormais les rôles assignés à l’enseignant dans le cadre de ces instructions officielles. Ces attributions sont le résultat d’une part, de la « mutation de l’institution scolaire » qui appelle les acteurs « au sein et autour de l’école » « à enrichir leurs statuts, à diversifier et à renforcer leurs rôles » (Référentiel général des programmes, 2009) et d’autre part, du nouveau statut de l’élève qui le met au cœur de la relation pédagogique (ibid.). Ces nouveaux rapports entre l’enseignant et l’élève s’expliquent par un déplacement des sources du savoir hors de « la maison-l’école » et par la démultiplication des vecteurs de transmission de ce savoir aux élèves (ibid.).

Suite à ces nouvelles relations, la verbalisation, les explicitations des savoirs et des savoir-faire et le raisonnement lors des échanges sont autant de démarches permettant de résoudre des situations-problèmes. Ces mêmes éléments sont privilégiés pour la lecture d’albums de jeunesse où les élèves peuvent confronter leurs lectures en expliquant et en justifiant.

Néanmoins, les pratiques prescrites procèdent par une exposition régulière à plusieurs situations afin d’acquérir les démarches citées précédemment au lieu de proposer leur enseignement explicite.
Les observations de séances de compréhension de textes narratifs dans des classes de 5e année primaire (milieu favorisé) ont permis de constater des enseignantes-guides qui favorisent une construction individuelle du sens du texte par les élèves. Cette implication se manifeste par les différents étayages proposés tels que l’illustration pour saisir l’inconnu, la motivation par le biais d’encouragements, la gestion de la frustration des élèves, la demande de précisions par rapport à la réponse formulée, la gestion de leurs réponses, les informations complémentaires à leurs réponses, le recours aux pairs pour trouver une solution au problème posé, etc.

Du côté du questionnement, en tant que médiation didactique pour la construction du sens d’un texte littéraire en première année moyenne, il s’avère que les objets sollicités sont en relation avec le niveau textuel-explicite pour les classes observées. D’autres niveaux sont travaillés et ils correspondent à l’implicite qui est basé sur les connaissances des élèves sur la thématique du texte (La patrie). Le questionnement a permis également de construire plusieurs savoirs liés au texte en tant que structure, aux genres littéraires(le roman), aux stratégies de compréhension (les inférences, le raisonnement) et à l’histoire de l’Algérie. Le questionnement du texte littéraire contribue également à son actualisation en faveur de valeurs axiologiques liées au patriotisme et à l’identité nationale.

Selon ses observations, il est fait du texte littéraire un lieu de conservation de la mémoire collective plutôt qu’une entité textuelle dont il semblerait pertinent d’interroger ses vertus esthétiques et ses zones de résistance.Il est vrai que le texte littéraire est le vecteur de la parole des hommes, de leur culture, de leurs valeurs, etc., mais il est également le lieu où « le lecteur se réalise intellectuellement et affectivement dans son activité d’actualisation du texte » (Rouxel, 2012, p.46). Cette activité ne pourra se concrétiser que si les pratiques enseignantes privilégient une relation dialectique du lecteur avec le texte littéraire afin de lui permettre de s’affirmer en tant que sujet-lecteur.

Publié le 13/03/2019.

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